À Majorque, la voiture ne se discute pas : les criques du sud-est et les villages de la Tramuntana ne sont desservis que par quelques bus saisonniers.
La vraie question est ce qui se passe au comptoir de l'aéroport de Palma, quand on vous annonce une caution de 1 200 € sur une carte que vous n'avez pas.
Une location de voiture à Majorque est un contrat court conclu avec un loueur espagnol, retiré et rendu à l'aéroport. Le tarif réservé en ligne ne couvre que le véhicule et une garantie minimale : la caution, l'assurance complémentaire et le carburant se règlent sur place, et c'est là que l'addition double.
L'essentiel en 30 secondes
C'est le premier motif de voyage gâché à l'arrivée, et il n'a rien à voir avec l'argent disponible sur le compte.
Un loueur ne prélève pas la caution, il la bloque. Techniquement, il fait une pré-autorisation : il réserve une somme sur une ligne de crédit, sans mouvement sur votre compte. Cette opération n'existe que sur une carte de crédit. Une carte de débit, qui puise directement sur le solde, ne permet pas ce blocage de la même manière.
Comment savoir laquelle vous avez. En France, la plupart des cartes bancaires sont des cartes de débit à débit différé, ce qui prête à confusion : le débit différé n'en fait pas une carte de crédit. Le mot « CREDIT » figure en toutes lettres au recto ou au verso des vraies cartes de crédit. En cas de doute, la banque répond en une question.
Les trois autres conditions qui font refuser le véhicule :
Si vous n'avez qu'une carte de débit, deux voies existent. Certains loueurs l'acceptent explicitement, mais imposent en contrepartie l'achat de leur couverture tous risques, ce qui annule l'économie du tarif de départ. Ou vous réservez chez un loueur local qui pratique la caution réduite, en vérifiant la condition noir sur blanc avant de payer.
Ce second cas est la règle aux Canaries et pas aux Baléares : à Tenerife, les loueurs locaux ne demandent aucune caution et acceptent la carte de débit, franchise comprise dans le tarif. Si votre destination n'est pas encore arrêtée, l'écart de contraintes entre les deux archipels mérite d'entrer dans la décision.
Sur une location de voiture à Majorque, la caution correspond en général au montant de la franchise, parfois davantage. Sur une citadine à Palma, comptez 900 à 1 500 € selon le loueur et la catégorie.
Elle est libérée au retour du véhicule, mais le déblocage n'est pas instantané : selon la banque, la somme reste indisponible de quelques jours à trois semaines. Cela compte si vous enchaînez avec d'autres dépenses pendant le séjour, ou si vous louez deux véhicules dans le même voyage.
Deux réflexes évitent les litiges au retour :
Le tarif de base d'une location inclut presque toujours une couverture dite CDW, qui limite votre responsabilité sans la supprimer. Ce qui reste à votre charge est la franchise, et c'est elle que le comptoir vous proposera de ramener à zéro.
Le rachat de franchise vendu à l'agence coûte couramment 10 à 20 € par jour, soit 70 à 140 € sur une semaine, parfois davantage que la location elle-même sur un tarif promotionnel.
Trois manières de traiter la question :
Accepter l'offre du comptoir. C'est la plus simple et la plus chère. Son seul avantage réel : en cas de dommage, il n'y a aucune avance de frais ni dossier à monter.
Passer par une assurance tierce. Des contrats de rachat de franchise se souscrivent à l'avance, pour un coût nettement inférieur. La contrepartie est que vous avancez le montant de la franchise en cas de sinistre, et vous vous faites rembourser ensuite sur justificatifs.
Utiliser l'assurance de votre carte. Les cartes haut de gamme incluent souvent une garantie véhicule de location. Elle fonctionne, mais sous conditions strictes : la location doit être payée avec cette carte, la durée est plafonnée, et certaines catégories de véhicules sont exclues. Lisez la notice avant de partir, pas au comptoir.
Sur une location de voiture à Majorque, le tarif affiché n'est jamais le tarif final. Les postes qui s'ajoutent, dans l'ordre où ils reviennent le plus souvent :
| Poste | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Rachat de franchise | 10 à 20 € par jour au comptoir |
| Second conducteur | souvent facturé, parfois offert selon le loueur |
| Conducteur de moins de 25 ans | surcharge quasi systématique |
| Siège enfant | à la journée, vite plus cher qu'un siège emporté |
| GPS | inutile, un téléphone avec carte hors ligne suffit |
| Carburant | voir ci-dessous, c'est le poste le plus piégeux |
| Retour dans une autre ville | supplément élevé, à éviter sur une île |
La politique de carburant décide de tout. Deux formules existent. Plein-plein : vous partez avec le plein, vous rendez avec le plein, vous ne payez que ce que vous consommez. C'est la seule qui soit neutre. Plein-vide : vous achetez le plein au tarif du loueur, souvent au-dessus du prix à la pompe, et ce qui reste dans le réservoir au retour lui est acquis.
Sur une île où l'on parcourt rarement plus de 600 km en une semaine, la formule plein-vide coûte systématiquement plus cher.
Une citadine suffit et vaut mieux. Les villages de la Tramuntana, Valldemossa, Deià, Fornalutx, ont des rues étroites et des places rares. Un grand SUV s'y gare mal et se croise mal sur la route côtière.
La boîte manuelle est la norme et la moins chère. Les automatiques existent mais se réservent longtemps à l'avance en été et coûtent sensiblement plus.
Le cabriolet est un piège de saison. Séduisant en photo, peu confortable en juillet-août quand le soleil tape et que la climatisation ne suit pas capote ouverte.
C'est le point que peu de pages précisent, et il coûte entre quarante minutes et une heure à l'arrivée comme au retour.
Les loueurs se répartissent en deux catégories. Ceux dont le comptoir et le parking sont dans l'enceinte de l'aéroport, accessibles à pied depuis le hall des arrivées. Et ceux qui sont hors site, avec une navette à prendre à un arrêt dédié, un trajet de cinq à quinze minutes, et une file d'attente à l'agence en haute saison.
Les seconds affichent presque toujours des tarifs plus bas. L'écart se paie en temps, et il se paie deux fois : au retour, il faut prévoir la navette dans le calcul de l'heure d'enregistrement.
Avec un vol qui arrive tard ou qui repart tôt, le loueur hors site n'est pas une économie, c'est un risque.
La conduite est facile et les routes sont en bon état. Trois points seulement méritent attention.
Les routes de montagne de la Tramuntana, notamment la descente vers Sa Calobra, sont étroites, en lacets serrés, et fréquentées par des cyclistes toute l'année. Elles se font lentement, sans doubler.
Le stationnement à Palma et dans les villages touristiques est payant et saturé en été. Les parkings souterrains de Palma sont la solution réaliste, et les zones bleues se paient à l'horodateur.
Les limitations espagnoles s'appliquent, et elles sont fixées par le décret royal 1428/2003 du 21 novembre, qui approuve le règlement général de circulation. Son article 48, consacré aux vitesses maximales hors agglomération, donne pour une voiture de tourisme 120 km/h sur autoroute et voie rapide et 90 km/h sur route conventionnelle. Les radars fixes sont signalés, les mobiles non.
Le même décret, à son article 90, impose que tout arrêt ou stationnement sur une voie interurbaine se fasse hors de la chaussée, du côté droit, en laissant libre la partie praticable de l'accotement. Son article 94 interdit l'arrêt dans les virages et changements de pente à visibilité réduite, dans les tunnels et sur les passages piétons. Sur la route côtière de la Tramuntana, où l'on s'arrête volontiers pour une photo, ces deux articles sont la différence entre une halte et une infraction.
Si votre voyage inclut un camping-car plutôt qu'une voiture, les règles changent et le seuil de 3 500 kg devient déterminant : ce que prévoit le règlement espagnol pour les camping-cars le détaille.
Sur une île française, l'arbitrage n'est pas le même : en Corse, amener sa propre voiture par ferry reste une option réelle, et le calcul entre le ferry et la location sur place bascule selon le nombre de passagers. Aux Baléares, personne ne se pose la question.
Sur une autre île méditerranéenne, la difficulté n'est ni la caution ni la franchise mais le volant lui-même : à Malte on roule à gauche et l'archipel compte 0,78 véhicule par habitant, ce qui change complètement la façon de choisir son véhicule.
Oui dès que vous sortez de Palma ou d'une station balnéaire. Les criques du sud-est, le nord de l'île et les villages de la Tramuntana ne sont desservis que par des bus saisonniers peu fréquents.
Chez certains loueurs seulement, et presque toujours en contrepartie de l'achat de leur couverture tous risques. La majorité exige une carte de crédit au nom du conducteur principal pour bloquer la caution.
Couramment 900 à 1 500 € sur une citadine, selon le loueur et la catégorie. Elle est bloquée sur la carte et non débitée, et son déblocage après le retour prend de quelques jours à trois semaines.
Elle est la plus simple et la plus chère, 10 à 20 € par jour. Une assurance tierce coûte nettement moins mais vous fait avancer la franchise en cas de sinistre. L'assurance d'une carte haut de gamme fonctionne si la location est payée avec cette carte et si la catégorie du véhicule n'est pas exclue.
Plein-plein. La formule plein-vide vous fait acheter le carburant au tarif du loueur et lui abandonne ce qui reste dans le réservoir, ce qui coûte systématiquement plus cher sur une île où l'on roule peu.
Une citadine en boîte manuelle. Les villages de la Tramuntana ont des rues étroites et peu de places, et l'automatique se réserve longtemps à l'avance en été à un tarif sensiblement plus élevé.
Dans l'aéroport si votre vol arrive tard ou repart tôt : la navette ajoute quarante minutes à une heure à chaque extrémité. Hors site si l'écart de prix est important et que vos horaires sont confortables.
Celles de l'Espagne continentale : 120 km/h sur autoroute et voie rapide, 90 km/h sur route conventionnelle pour une voiture de tourisme, selon le règlement général de circulation espagnol.